« Lost in a Roman… wilderness of pain. And all the children are insane. All the children are insane, waiting for the summer rain. »
Apocalypse Now. Le soleil se couche, saignant, par delà les dunes. Des nuages gris pansent les blessures d’un ciel au bleu azur salement écorché. Il a maintenant la couleur du cobalt et des ecchymoses. La route est encore longue jusqu’au terminus de ce désert de pierres. Parce que dans cette mer de sable, souffle, de plus en plus fort, le sahel de la solitude. Sifflement de vipère avant l’ultime morsure. La fin n’a rien d’une amnistie : le combat continue bien après qu’on ait déposé les armes. Seuls quelques animaux décharnés et une masse d’insectes grouillants ont l’air encore réels au milieu des oasis de fumée. Les derniers enfants, derniers rescapés du genre humain, marchent en se protégeant de l’horizon ardent, aveuglant et insoutenable, que le flambeau du jour a déposé sur le monde. C’est tellement beau et sombre que le fantôme de Jim Morrison s’est invité à planer sur ce magnifique requiem de Nicolas Jaar et Dave Harrington. « This is the end, beautiful friend ».







